Arnaud de Cervole

Arnaud de Cervole (vers 1300 dans le Périgord – 25 mai 1366) dit l’Archiprêtre fut un célèbre chef mercenaire dans les grandes compagnies au XIVe siècle et un audacieux partisan français.

Biographie

Fils cadet de la famille des seigneurs de Cervole dans l’actuel Lot-et-Garonne, il entre dans le clergé. Il n’avait comme seul patrimoine, quoique séculier, que l’archiprêté de Vélines (évêché de Périgueux) qui est possédé par Arnaud de Cervole à titre héréditaire. Il en percevait les revenus, comme laïc au titre de l’inféodation, comme seigneur temporel des droits utiles d’un archiprêtré. En 1347, reconnu clerc indigne, son bénéfice lui est retiré. Il commence alors une carrière de brigandage dans la région de Bordeaux.

Par ailleurs, Arnaud de Cervole se marie avec Jeanne de Châteauvillain, veuve d’Hugues de Vienne. Elle épousera en troisièmes noces Enguerran d’Eudin après la mort d’Arnaud, assassiné en mai 1366 par un de ses soudoyers. Il portait les titres suivants au moment de sa mort : Seigneur de Châteauvillain, Archiprêtre de Vélines, Sire de Châteauneuf-sur-Charente, Seigneur de Concressan et de Leuroux.

On peut admettre que notre archiprêtre fut un brigand, mais seulement dans le sens médiéval du mot, c’est-à-dire en tant qu’homme de guerre, nous dirions aujourd’hui soldat (brigand venant de brigandine, sorte de plates ou armures du torse en cuir bouilli ou petites plaques de fer). S’il fut, personne ne peut le nier, un “voleur pilleur et robleur”, c’est à l’imitation de tous les gens de guerre de l’époque, tels Du Guesclin ou Jean Chandos. Son ascension fulgurante, malgré son état de petite noblesse, a étonné ses contemporains ; ses succès étaient dû principalement à son état de chef de compagnie. voir l’étude biographique écrite par l’historien Aimé Cherest “l’archiprêtre, épisodes de la guerre de cent ans au XIVe siècle” Paris 1879. ainsi que l’étude de Guigue “les tard-venus en Lyonnais, Forez et Beaujolais”.

La guerre de Cent Ans lui permet de s’enrichir et d’accumuler des titres. Le roi lui donne la seigneurie de Châteauneuf-sur-Charente en 1354, le nomme capitaine de Beaumont-le-Roger et chambellan de France.

Dès 1355, il est chevalier, vassal du roi et touche une pension en échange de certaines “besognes secrètes“. Il participe en 1356 à la bataille de Poitiers, où il est fait prisonnier et discrètement libéré. Il lève, après la bataille de Poitiers, plusieurs compagnies de Routiers, ravage la Provence en 1357-1358[1], rançonne le pape à Avignon et pille la Bourgogne. L’année suivante, le conseil du roi lui confie la garde du Berry. Il devient administrateur de la baronnie de Graçay, seigneur de Levroux.

En 1359, le Dauphin Charles l’attire à son service mais, après la paix de Brétigny (1360), Cervole rassemble de nouveau ses Routiers, part ravager la Bourgogne et force le comte de Nevers à traiter avec lui. Il revient ensuite combattre pour le roi Charles V, qui lui donne le titre de chambellan : il a repoussé les Tard-Venus.

La lutte contre les compagnies est l’un des enjeux majeurs du retour de Jean le Bon. Ce dernier tente d’utiliser les unes contres les autres. Ainsi, 1363, Philippe de Bourgogne prend à son service Arnaud de Cervole dit l’archiprêtre, dont il est parrain du premier fils[2]. Cette stratégie se révèle désastreuse et se termine par la défaite de Brignais ou les troupes levées par le roi sont mises en déroute par les compagnies en partie du fait de la trahison de l’archiprêtre. Ce dernier récidive à la bataille de Cocherel, où il négocie avec les Navarrais puis quitte le champ de bataille en prétextant une reconnaissance[3]. Philippe le Hardi doit employer toute sa science de la diplomatie pour calmer la colère de Charles V.

En 1365, le duc de Bourgogne lui propose de conduire les grandes compagnies en croisade contre les turcs en Hongrie (pour faire sortir les compagnies du royaume de France). La croisade a le soutien du Pape qui cherche à se débarrasser des compagnies qui présente dans le couloir rhodanien asphyxient Avignon et celui de l’empereur Charles IV qui soutient ainsi son Neveu Charles V. L’archiprêtre part avec une armée qui ne dépasse pas Strasbourg mais ravage la Lorraine, les Vosges et les bords du Rhin[4]!

Au début de 1366, il s’enrôle dans la croisade qu’organisait Amédée VI comte de Savoie. Il rassemble ses gens et se met en route. Le 25 mai 1366, il est tué par un de ses soldats alors que son armée campe près de Mâcon, avant de passer la Saône[4].

Notes

  1. Les bandes de Routiers, conduites par Arnaud de Cervola dit l’Archiprêtre sont appelées par les comtes des Baux. Elles franchissent le Rhône le 13 juillet 1357 et ne repartent de Provence qu’en octobre 1358. Dès le 1er octobre 1357, pour lutter contre ces Routiers, le sénéchal de Provence fait appel au comte d’Armagnac qui amène mille sergents entre Arles et Tarascon. Leur intervention est aussi terrible que celle des Routiers.
  2. Françoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p. 499
  3. Françoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p. 500
  4. Françoise Autrand, Charles V, Fayard 1994, p. 501

Bibliographie

Consulter la biographie (rare) d’Aimé Cherest : L’Archiprêtre, épisodes de la guerre de cent ans au XIVe siècle, éd. Claudin, Paris 1879.

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